Un projet de société qui met la nature et l’humanité en son cœur  

Notre projet se construit à partir de constats alarmants

Les rapports du GIEC sont sans appel : nous sommes sur la trajectoire du +5°C et au cœur de la sixième extinction massive de espèces. Contrairement aux précédentes, cette crise du vivant est d’origine anthropique. L’activité humaine, et plus particulièrement depuis le début de l’ère industrielle, induit des bouleversements majeurs du climat, d’une ampleur telle qu’ils mettent en péril la pérennité des civilisations, et l’humanité pourrait à son tour être une espèce en voie de disparition. 

La préservation de la biodiversité et des éco-systèmes est primordiale: l’effondrement de la biodiversité, va se poursuivre, remettant en cause l’organisation actuelle du vivant sur la planète. La multiplicité des modes de vivre doit être préservée tout autant que les êtres vivants qui en font partie. 

Malheureusement, les exemples s’accumulent qui prouvent la pertinence du rapport Meadows établi pourtant il y a plus de quarante ans.L’été 2019 est le plus chaud jamais enregistré. La France a vu ses records de chaleur battus dans presque toutes les villes. Les forêts s’embrasent: Brésil, Californie, Sibérie et désormais, même le cercle arctique est en proie aux flammes. Des sécheresses sont annoncées un peu partout, épuisant les nappes phréatiques. L’Inde a vu plusieurs de ses villes, dont Chennai en rupture complète d’eau. Le Rhin, fleuve majeur européen, en manque pour la navigation. Le Tigre, berceau de l’humanité, est en train de mourir, créant une crise humanitaire en Irak et en Syrie. La croissance a des limites. Elles débutent au moment où l’extraction des biens naturels détruit la terre et où la survie des humains est en question.

De plus, derrière les bouleversements climatiques se dessinent les bouleversements géopolitiques. Les migrants qui se noient de façon dramatique en Méditerranée fuient pour une large part d’entre eux, des pays directement victimes de ces catastrophes écologiques, aggravées par les régimes autoritaires et fascisants qui s’épanouissent à travers le monde. Il n’y a de choix qu’entre le sursaut écologique ou la barbarie.

Urgence sociale, urgence environnementale : un combat commun contre un système prédateur

Les populations les plus pauvres sont, en France et partout dans le monde, les premières victimes de ces crises. Le statu quo ou les demi mesures reviennent à garantir que les plus favorisés, entre les pays et dans les pays, qui ont causé le réchauffement climatique et l’aggravent encore, soient les seul-es en capacité de s’en protéger.

Les inégalités sociales sont amplifiées par ces menaces écologiques. Ce modèle de développement qui engendre l’urgence climatique, engendre également une urgence sociale et sociétale. Les crises de la fin du mois et de la fin du monde ne s’opposent pas. Ce n’est qu’en y répondant conjointement que notre société pourra envisager un avenir meilleur.

Nous subissons actuellement un recul des services publics (réforme de la santé, de l’éducation nationale, de la justice, etc…) qui suscite un sentiment d’abandon par des territoires entiers et une partie croissante de la population comme a pu le révéler la “crise” des Gilets Jaunes. De plus en plus, notre société s’éloigne d’un égal accès à ces services qui ne doivent plus être considérés comme une charge mais comme le seul moyen pour lutter efficacement et concrètement contre les inégalités sociales et territoriales.

Au XXI siècle, en France, les problèmes de malnutrition sont nombreux, 4 millions de personnes en France souffrent de mal-logement ou d’absence de logement personnel, et il n’est plus possible de respirer un air sain : dans une société dite riche et progressiste, cela n’est pas normal ! 

A cela se rajoutent des violences trop banalisées : violences d’Etat, violences économiques, violences domestiques. La gravité des violences faites aux femmes, tant par leur nombre que par leur gravité, ne sont toujours pas prises à leur juste mesure, ni par le système judiciaire ni par le monde politique. Doit-on rappeler que le travailleur pauvre est, en fait aujourd’hui, une travailleuse pauvre ?

Changer de modèle économique

Il est nécessaire de sortir du mythe de la croissance à outrance, de la démesure technico-économique et d’une société axée sur la consommation – les besoins humains doivent s’adapter à la nature et non l’inverse.

Le système socio-économique dominant sur la planète, produit d’une économie capitaliste mondialisée dominée par quelques très grandes entreprises multinationales, marquée par un productivisme effréné et soutenu dans son développement par des gouvernements néo-libéraux est responsable de ces dérèglements. Il en est la cause : il ne peut pas en être la solution.

Parce qu’il est nécessaire de reprendre les choses à la racine, la politique écologique que nous voulons se doit d’être radicale. L’écologie politique que nous défendons est anticapitaliste, elle lutte contre le productivisme et le consumérisme.

Notre projet politique vise à remettre l’humanité et la nature au cœur de tout projet de société. La politique doit être au service des citoyens, et non l’inverse. Face aux impacts du changement climatique, il est essentiel de permettre à chaque citoyen-ne de se protéger et s’adapter. Le changement de nos modes de vie, grâce à la transition écologique, est devenu indispensable. Notre projet doit impérativement comprendre les mesures d’accompagnement qui ne laissent personne au bord du chemin.

La lutte pour l’égalité sociale et la lutte pour la préservation de l’environnement sont une seule et même lutte contre un système prédateur. Il faut nous émanciper de ce système, qui détruit la planète et exploite les corps et les êtres, afin de construire une société respectueuse de la nature et des êtres humains.

La société que nous voulons construire doit être   

  • Sobre : elle doit stopper la destruction de la  planète (émission de gaz à effet de serre, pollution de l’air…). Chaque degré compte, chaque espèce sauvée compte, chaque espace non artificialisé ou revégétalisé compte.
  • Résiliente : elle doit s’adapter aux effets du changement climatique et de l’effondrement de la biodiversité
  • Juste : elle doit garantir  l’égalité, la justice sociale, les solidarités, l’accès effectif aux droits et l’émancipation de tou.te.s. 
  • Démocratique : elle doit défendre les libertés et approfondir la participation de toutes et tous à la vie démocratique. 

Notre stratégie : Mettre l’Écologie au cœur d’un projet politique à ambition majoritaire

Une telle transformation nécessite une forte mobilisation, de l’ensemble des institutions nationales, régionales et locales, en faveur d’un projet de transition écologique et sociale ambitieux. Alors que nos dirigeants sont restés trop longtemps aveugle à la question environnementale, il nous reste moins de dix ans pour agir et engager fermement les ruptures indispensables avec les logiques du système en place.

Face à ces mesures drastiques, il est nécessaire d’éviter le déchirement du corps social en rétablissant le dialogue avec les corps intermédiaires et en construisant ces mesures avec l’ensemble des citoyen-ne.s.

C’est un énorme défi !

Il nous faut rassembler sur un projet de transition écologique et sociale  

  • Inventer un imaginaire écologiste fédérateur trouvant sa source dans les expériences concrètes et les préoccupations quotidiennes : il faut conserver la radicalité dans nos actions et nos programmes tout en s’appuyant sur une légitimité et une crédibilité du discours.
  • Aussi parallèlement à la bataille politique, la bataille doit être gagnée sur le plan économique social et culturel : c’est la société dans sa grande majorité, ses forces vives économiques, culturelles, associatives, sociales… que nous devons convaincre et associer au changement.
  • Rassembler sur la nécessité de mesures immédiates et significatives pour sauver notre planète et permettre à chacun.e de bien vivre.

Il nous faut créer un rassemblement politique à vocation majoritaire

porteur d’un tel projet dans la perspective des séquences électorales à venir. Celui-ci doit pouvoir rompre clairement avec la fuite en avant du productivisme, du consumérisme et du capitalisme qui détruisent la terre comme ceux et celles qui l’habitent. 

Ce projet doit être porté par une force écologiste, sociale et populaire puissante.

Pour y parvenir, il convient d’agir simultanément selon 2 logiques : fédérer et coaliser

  • Fédérer les écologistes : L’écologie est notre affaire à tou.te.s, il est nécessaire de fédérer les écologistes mettant l’urgence climatique et sociale au cœur de leur projet. Amplifier, depuis les territoires, la vague écologiste qui est née autour des européennes en affirmant l’écologie comme une force autonome et la nécessité de mettre l’écologie au cœur de nos choix politiques. 
  • Construire des coalitions pour gouverner : Loin d’abandonner les valeurs émancipatrices de la gauche, nous souhaitons les reconfigurer les dépasser, afin de tenir compte des limites de la planète, des inégalités environnementales et spatiales, de la nécessaire réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre et de notre devoir de préserver le vivant. 

Ainsi il est tout autant nécessaire de se renforcer en rassemblant les écologistes que de construire avec l’ensemble des forces, issues de la gauche, qui perçoivent les limites du productivisme et s’ouvrent aujourd’hui davantage à l’écologie, un espace politique d’échanges qui ne se résume pas à la préparation des échéances électorales.

Car nous ne gagnerons, contre les libéraux et les nationalistes, que si l’ensemble de ces forces convergent et se rassemblent dans des coalitions à vocations majoritaires reposant sur un projet écologiste, social et populaire.

Se Mettre en phase avec la société en mouvement

Au-delà, des discussions entre partis politiques, il faudra coopérer avec l’ensemble des mouvements, associations, syndicats, ONG, collectifs qui, hors des enjeux partisans, défendent les valeurs de l’écologie et de la gauche. De par leurs actions ils contribuent chaque jour à transformer notre société et à défendre nos valeurs communes. A nous de savoir incarner et soutenir politiquement ces combats et d’articuler avec eux nos stratégies dans le cadre de nos combats partagés. 

Cette obligation nous oblige à trouver avec eux un mode de relation et d’échange dans le respect mutuel des rôles et de l’indépendance de chacun. Cela constitue un volet fondamental du mandat à venir et du changement dans nos pratiques et nos organisations.

Quelle organisation pour l’écologie politique

Les enjeux, notre ambition et nos objectifs, notre stratégie nous imposent de faire évoluer notre système global organisationnel. D’un petit parti réunissant dans les meilleures années une dizaine de milliers d’adhérents, nous devons nous organiser pour que toutes celles et tous ceux qui aujourd’hui veulent peser sur l’avenir puissent venir nourrir de leurs forces et compétences l’écologie politique.

Quelle rénovation de notre organisation de notre fonctionnement  

Nous proposons pour cela que le processus déjà engagé de réinvention/rénovation du fonctionnement du mouvement EELV soit poursuivi et qu’il trouve un aboutissement dans les meilleurs délais avec les transformations statutaires nécessaires validées autant que de possible dans le courant de l’année 2020. 

 Ces transformations devront s’appuyer sur les travaux antérieurs et en cours, notamment ceux du groupe de travail mis en place lors du dernier conseil fédéral. 

L’objectif de cette réinvention/rénovation doit être d’améliorer notre démocratie interne avec l’adoption de règles claires, plus accessibles à toutes, une meilleure répartition des fonctions des différentes composantes du mouvement et de ses instances (BE, CF, Commissions…) et le développement d’une culture consensuelle grâce à l’organisation de débats internes plus ouverts entre les adhérents et les militants désignés pour les représenter, décider et exécuter.

Consultation des groupes locaux – Ce travail de réinvention/rénovation doit s’opérer avec une large réflexion à travers tous les territoires en associant les groupes locaux et organisant autant de consultations que nécessaires afin qu’il soit aussi un processus d’appropriation et pédagogique.

Quel avenir pour les sensibilités internes au parti – Le principe interne de proportionnelle des sensibilités devra être maintenu, mais leur mise en œuvre doit être améliorée pour éviter les logiques d’écuries contraires aux dynamiques politiques et électorales.

La désignation des candidat.e.s aux élections externes – Les désignations des candidat-es aux élections externes comme les modalités d’élaboration des stratégies lors de campagnes électorales locales sont deux questions qu’il faut améliorer.

Nous pourrions explorer la méthode fondée sur le consensus, mise en œuvre aux européennes, en l’adaptant au type d’élection et aux circonstances électorales, et expérimenter des méthodes sociocratiques, comme les logiques dites des élections sans candidat-es. De même les démarches d’ouverture devront être intégrées à la réflexion stratégique.

Renforcer la subsidiarité – Les liens entre les instances nationales et le territoire doit être renforcé. C’est ainsi que l’on assurera un échange d’idées et de pratiques, consolidera le principe de subsidiarité et garantiront la participation de l’ensemble des adhérents à la vie du mouvement.

Comment fédérer les écologistes  

Le périmètre

Il s’agit de proposer aux partis politiques écologistes historiquement inscrit dans la mouvance écologique ou issus d’une écologisation de militant-es de la gauche de s’associer, coopérer et joindre leurs forces dans les différents combats notamment lors des conquêtes des pouvoirs institutionnels 

Mais également de renouer le dialogue avec l’ensemble des forces de gauche avec qui ils existent déjà des partenariats locaux afin construire des majorités de projet pour gagner dans les institutions.

Les mouvements, organisations syndicales, associations, et autres nouvelles formes de mobilisation écologistes aspirent à une autonomie par rapport aux partis politiques. Alliés de leurs luttes, nous souhaitons soutenir leurs actions sans jouer d’effets d’entrisme. Dans des logiques de projets, nous devons être en capacité d’écouter leurs revendications et de les porter dans le champ politique dans le respect de leur indépendance.

La forme du rassemblement des écologistes:  

L’objectif pourrait être de proposer aux partis écologistes de jeter, grâce au travail sur des projets concrets et à la richesse de notre diversité, des bases collectives fortes permettant d’envisager la naissance à terme d’une nouvelle organisation collective.

Ce cadre pourrait être fédératif ou intégratif. Il veillerait à construire une identité commune sur la base d’un socle minimum actant les grands enjeux, les principales critiques du système actuel et les fondements d’un nouveau projet écologiste et solidaire et des priorités.

Celui du rythme et du calendrier de sa mise en œuvre

Ce travail doit être amorcé d’ici la fin de l’année 2019 en s’appuyant sur les dynamiques locales nées des combats locaux pour les municipales. Il pourrait être amplifié dans le cadre des élections mettre en perspectives les élections régionales et départementales de 2021. L’enjeu est de constituer une force politique en capacité de constituer une alternative majoritaire en 2022.

Cette démarche doit pouvoir s’appuyer sur les travaux existant et les expériences réussies, qu’il s’agisse des Assisses de l’écologie politique, de la campagne des élections européennes, des réussites d’autres partis Verts européens ou des différents rapprochements et expérimentations en cours. 

Ce travail doit être mené avec l’ensemble des partenaires potentiels dans le dialogue et avec une culture consensuelle. Nous devons au regard de notre position nouvelle dans le paysage politique français assumer notre responsabilité de moteur de cette nouvelle dynamique sans pour autant sombrer dans les logiques hégémonistes.

Notre expérience doit permettre de nourrir la réflexion collective afin que le futur dispositif à vocation fédérative prenne dès sa création en compte toutes les difficultés prévisibles d’un travail coopératif mené dans des contextes de luttes, de campagnes électorales, de diversités de sensibilités et de pluri-acteurs. 

La feuille de route des prochaines années

Voici des propositions que nous vous invitons à enrichir !

Mobilisation en interne

Boutique en ligne militante drapeaux affiches génériques

Etablir une feuille de route pour la formation des militant.e.s et réalisation de MOOC – vidéos thématiques de formation en lien avec la FEVE

Créer une école des cadres

Parler au grand public

Un prix de l’innovation écolo

Créer chaine vidéo Ecolo internet

Les combats à mener

Des assises pour la justice spatiale pour notamment repenser les liens villes – péri urbain – campagne

Des assises des droits et libertés pour construire la société des droits avec des spécialistes (juristes, magistrats, associations, etc) et des réseaux de victimes de discriminations

Un tour de France des acteurs du secteur agricole autour des moyens de lutter contre la précarisation de leur profession et sortir des pesticides

Des rencontres écoféministes pour faire lien entre luttes pour les droits des femmes et luttes environnementales



Pour soutenir, écrivez-nous sur grandirensemble.eelv@gmail.com !

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